CRAZY GANG TATTOO

Interview Franck
Cette interview a été réalisé à Roanne en 2005.
Anne a renconté
Franck , tatoueur.



Quand et comment as-tu découvert le tatouage ? Qu'est ce qui t'as motivé à faire ce métier ? Quand as-tu commencé ? Où ? Et avec qui ?
J'ai commencé à Roanne par hasard. En fait je suis sorti avec une fille qui était le sœur de la femme du tatoueur qui était là avant : Alex. Ca s'appelait Western Design à l'époque. Donc c'est devenu mon beau frère. Et de par ce fait, il a découvert que je faisais beaucoup de peinture,et de dessin. De là, il m'a proposé d'apprendre le tatouage. Tout simplement. C'était en 1996-1997.

Est ce que tu penses que c'est important d'avoir une formation initiale pour tatouer ? (école/fac d'art…)
Je pense que c'est la base du métier. Donc il me parait indispensable de savoir dessiner. C'est pas évident de faire les Beaux Arts ou des formations vraiment spécialisées, mais il faut quand même avoir des notions de dessin, de peinture même si on est autodidacte.

Et que penses-tu des tatoueurs qui ne savent pas dessiner ? (on ne peut pas le nier, ça existe !)
Ils font du business plus que du tatouage. De la photocopie quoi !

Comment décrirais-tu ton travail, ton style ?
Je ne pense pas avoir de style proprement dit. J'aime bien tout faire : réalisme, couleur, graff. Surtout le réalisme et la couleur. Après le bioméca, l'organique, ça ne me dérange pas, à partir du moment où le sujet m'intéresse à la base. C'est le plus important je pense. J'aime bien le oldschool aussi, pourtant, ça n'a rien à voir.

Qui sont tes influences dans le monde du tattoo ?
Je me suis pas mal inspiré de beaucoup de monde ! Mais celui que je préfère dans le style c'est Tintin évidemment. Mon mentor c'est lui car c'est un des rares tatoueurs qui sache tout très bien réaliser! Après j'aime bien Hernandez, Kea, Philippe Leu ; tous les grands que tout le monde connaît. Et en particulier, celui que je préfère actuellement c'est Boris.

Et tes influences extérieures à l'industrie du tattoo ?
Le graff en général. C'est le visuel qui m'intéresse.

Qu'est ce qui ou qui a contribué à ton évolution artistique ?
Il y a beaucoup de gens. En perceurs, il y a Bruno (Body Piercing International) évidemment qui m'a beaucoup aidé au niveau de tout ce qui est asepsie, mise en place du studio. Au niveau des tatoueurs, il y a Philippe de St Etienne chez Sharks, Jammy Tattoo de Arles beaucoup, Franck de Calad Art (même si on ne se voit pas beaucoup, j'aime beaucoup son boulot). J'en oublie sûrement et je m'en excuse.

Quels sont tes objectifs pour l'avenir ?
Mes objectifs, c'est de trouver une boutique plus grande. (NDLR : pourtant je trouve celle-ci déjà très belle et spacieuse) Que la boutique s'expanse un peu, et avoir d'autres tatoueurs qui se joignent à nous. On a prévu avec Bruno de trouver une boutique plus grande, pour dissocier le piercing et le tatouage.

CONVENTIONS : En fais-tu beaucoup ? Comment les perçois-tu ? (avantages/inconvénients)
J'en ai fais pas mal mais maintenant je n'en fais plus car je trouve que le discours par rapport à l'hygiène ne correspond plus trop aux conventions. Je me vois mal dire aux gens qu'il faut travailler avec une hygiène stricte alors que je vais tatouer sur des fêtes de la moto ou des conventions ! Je trouve ça un peu contradictoire. Je préfère ne plus en faire. C'est dommage ! Ou alors il faudrait des conventions avec des blocs, mais bon après ça change tout. En même temps, les conventions, c'est devenu un peu la fête du village : autrefois, c'était pas mal de passionnés. Maintenant les ¾ viennent pour se montrer ou comme promenade du dimanche. Donc je m'en tape.

Durant ces dernières années on a pu assister à l'émergence du tatoueur en tant qu'artiste. Comment crois-tu que ça affecte le monde du tattoo ?
Je ne suis pas trop d'accord. Maintenant on nous voit plus comme des machines à tatouer. C'est devenu plus un business qu'une passion. Les gens s'en tapent un peu de savoir qui les tattoo. Ils viennent pour se faire tatouer, point ! Pas tous, je parle en général. Ils viennent car t'es le plus près ou t'es le moins cher.

Décris moi ta perception du tattoo actuellement ? (par rapport à l'effet de mode)
La mode a été un peu trop vite, ce qui fait que le métier de tatoueur devient une mode aussi. Donc on a sans arrêt des demandes de formations. Je trouve ça un peu déplorable qu'il y ait des gans qui forment en 15jours, en prenant 3000euros et en leur disant qu'après ils sont tatoueurs. C'est strictement impossible aussi bien dans le tatouage que dans la maçonnerie. On n'apprend pas un métier en 15jours !

Comment vois-tu ta vie de tatoueur dans quelques années ?
Soit on va revenir en arrière dans le sens artistique, soit, ceux qui faisaient ça à la base plus pour se démarquer vont se tourner vers la scarification, les implants. Je ne suis pas médium, donc à voir…

Pratiques-tu d'autres formes d'art ?
Peinture, aéro graff, beaucoup de dessin. Je peins des surfs, des enseignes de magasins, des motos, des casques. Toutes ces activités sont devenues pour moi des loisirs.C'est à part, pour les potes, pour moi.

Que pourrais tu refuser comme tattoo ?
Tout ce qui ne correspond pas à mes idées.

Pour toi, quel serait le client et le tattoo parfait ?
Client parfait, j'en ai déjà. C'est celui qui te donne un thème et qui te dit de te débrouiller avec. En général c'est des gens que tu connais plus ou moins. C'est le mec qui te fait confiance. Pour le tattoo parfait, c'est juste un thème que j'aime bien.

Le mot de la fin ?
Je trouve déplorable que des gens viennent chez toi et finalement partent se faire tatouer ailleurs car tu as 2 ou 3 mois d'attente, et qu'ils reviennent pleurer après car ils se sont fait faire une merde et qu'ils veulent que tu la recouvres. Ce n'est pas à moi de le faire et de rattraper le travail des autres! Le délai d'attente je pense est positif pour la réflexion.Se faire tatouer, ça se réfléchit

Interview Anne (Arkam Team)
Traduction Anne


Crazy Gang Tattoo
04 77 70 77 87
17 r Bourgneuf 42300 Roanne

http://www.crazygangonline.fr/



Vous pouvez également retrouver cette interview dans le numéro 6 d'Alternative Viscérale.



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