Pro-Pain Interview

Cette interview a été réalisée à Lyon le 1er octobre 2007.
O.S. a rencontré Gary Meskil (Chant/Guitare) & Tom Klimchuck (Guitare).







Comment se passe cette nouvelle tournée européenne?

Tom : C'est excellent! C'est la 3ème partie de notre tournée des 15 ans anniversaire. On a fait une tournée de 25/30 dates en avril/mai, nous sommes revenus en juin pour une toute petite tournée lors de laquelle on a fait des festivals, et maintenant nous sommes de retour pour environ 24 shows, avec une potentielle tournée pour décembre, encore pour une petite tournée.

C'est une longue tournée !

Tom : Ouais, c'est très bien ! (Rires)

Gary : On essaye de couvrir différents territoires. Bien que cette tournée soit la 3ème en Europe pour ce nouvel album, ce n'est en fait que la première fois que nous venons en France, en Espagne, on est aussi allé en Russie, en Pologne. Ce ne sont jamais les mêmes territoires, encore et encore et encore.

Vous prévoyez d'aller ailleurs, au Japon, en Australie…?

Tom : Que l'Europe pour l'instant!

Gary : On va mettre sur pied une tournée aux US pour les 15 ans. On va travailler là-dessus très bientôt et faire quelques shows aux States. Et enfin, peut-être au Japon ou en Amérique du sud, on verra.

Tom : On attend d'avoir un avion plus rapide afin que le vol jusqu'au Japon ne soit pas trop long! Une fois cela fait nous irons là-bas ! (Rires)

Quelle est l'ambiance sur cette tournée, avec les autres groupes, Demia, ZUUL FX et Anonymous?

Gary : C'est excellent!
Je pense que tout le monde passe du bon temps. Ce sont tous de bons mecs. Et c'est aussi un bon concert, un bon package de groupe qui offre une bonne soirée de musique et de divertissement à tous ceux qui viennent aux concerts.

Vous êtes donc de retour avec un nouvel album, "Age Of Tyranny - The Tenth Crusade". Après ces 2 années d'attente, quels ont été les retours de la part des fans et des médias ?

Tom : Il a eu un très bon accueil. Depuis sa sortie nous n'avons que des chroniques favorables, de très bonnes chroniques et ça continue. Je pense qu'il y a des chansons sur cet album que les gens apprécient vraiment. J'ai entendu des commentaires et ils ne semblent pas écoeuré, c'est une bonne chose ! (Rires)

Gary : Du point de vu de la presse c'est l'album qui a eu l'accueil le plus favorable depuis "Foul Taste Of Freedom". On a reçu comme 98% de bonnes chroniques sur ce disque et je ne me souviens pas avoir vu cela depuis "Foul Taste Of Freedom". 15 ans passées sur les routes et nous avons toujours un assez bon contrôle de la qualité de notre musique et je pense qu'il est évident pour les gens que nous avons toujours de la bonne musique à offrir à nos fans.

Pourquoi pensez-vous que cet album est si apprécié?

Gary : Parce que c'est du putain de rock n'roll mec! (Rires)

Mais selon vous, quelles sont les principales différences entre celui-ci et les précédents?

Tom : Simplement parce que nous vieillissons comme le bon vin!(Rires) On s'améliore avec le temps.

Gary : C'est difficile à dire. Pour chaque disque vous devez essayer d'en faire un meilleur. Mais ça demande beaucoup de travail en studio, c'est beaucoup de production, beaucoup de choses doivent bien se passer. Et ça ne se passe pas toujours comme ça. Parfois les étoiles et les planètes s'alignent correctement et rien ne se passe comme prévu, ce sont donc des disques difficiles à faire. Mais ça demande parfois de la chance en studio en terme d'obtenir les bonnes tonalités, le bon état d'esprit et la bonne production pour les chansons. Mis à part le fait d'avoir des choses très solides pour "Age Of Tyranny", nous avons aussi été un peu chanceux en studio. On n'a pas fait beaucoup d'erreur.

Et à propos des textes, pensez-vous qu'ils sont plus forts que sur les disques précédents?

Gary : Ouais je le pense!

Tom : C'est probablement proche d'un concept album dans la façon de l'avoir conçu. Habituellement il y a une diversité de sujets, comme sur celui-ci, à la différence que cette fois-ci, ils parlent tous du même thème. Oh je ne devrais peut-être parler des textes, ce n'est pas à moi de le faire ! (Rires)

Gary : On a toujours été un groupe très politique. L'ironie de la chose est que plus les choses se dégradent aux Etats-Unis, meilleurs sont les productions de Pro Pain. La qualité de nos albums augmente avec la force de la tourmente dans notre propre pays. Nos textes ont une place importante dans ce que nous faisons. On a toujours été inspirés par les évènements qui nous entourent, par ce qui se passe dans notre pays et dans le reste du monde. Les politiques aux States affectent le reste du monde. Si tout se passait bien à la maison, politiquement parlant, peut-être que les disques de Pro Pain seraient plus personnels en ce qui concerne les textes, et peut-être pas aussi directs.

Tom : Je pense que c'est l'une de nos caractéristiques, même si nous avons des influences diverses dans notre musique, on nous définie comme étant hardcore, parce que c'est la véritable nature de celle-ci. Ca doit parler de quelque chose, et pas des problèmes de nos copines ou ce genre de truc. (Rires) Nous avons des raçines hardcore et nous devons y faire coller quelque chose. Lorsque quelque chose ne se passe pas normalement, il est important d'en être conscient. Voilà ce que le punk rock a toujours été et ce qu'est également le hardcore.

La cover est une partie importante du concept de ce nouvel album, sur laquelle on y voit un livre, peut-être la bible…

Tom : Peut-être! (Rires)

Gary : Et bien il y a une sorte de corrélation entre des choses survenues au cours de l'histoire et la bible. Je pense que c'est au choix du public de chercher ou non ces choses, qu'elles soient d'ordre religieux, d'ordres naturelles ou si elles sont dues à la manipulation de l'être humain.

Pensez-vous qu'avec ce disque vous êtes de plus en plus proche de groupes comme Bad Religion, Ministry ou encore Fat Mike (NOFX) qui essaye de faire grandir ses idées via les compilations "Rock Against Bush" ?

Tom : Je ne pense pas que nous ayons fait de quelconques ajustements pour ce disque. Je pense que ce disque est du pur Pro Pain. Mais je vois aussi les similarités. Mais nous n'avons jamais vraiment changé. Il n'y a pas eu de métamorphose en groupe politique. Les groupes que tu as cités sont bons et je pense que nous avons des similarités, mais pas seulement depuis ce disque.

Gary : Je pense que Pro Pain, en terme de texte, est plus profond que beaucoup de ces groupe. Je pense que ces groupes font leurs trucs très bien, mais certains d'entre eux ne font qu'effleurer la surface du problème. Mais en même temps beaucoup de gens ne font qu'effleurer les choses et même des artistes politiquement inspirés comme Don Henley ou Neil Young. Pour moi, leurs déclarations sont juvéniles. Si tu veux dire des choses politiques sur album et écrire à ce sujet, tu te dois de vraiment savoir de quoi tu parles.

Que pensez-vous de la politique interne de Bush mais aussi de sa politique internationale ?

Tom : Comme il vient de le dire il y a des grands artistes qui font des chanson comme "Impeach The President" (Neil Young). De mon point de vue, ils ne font que suivre afin de faire partie de la machine, du jeu. Tout a à voir avec le fait de contenir les gens, tout n'est fait que pour diviser et conquérir. Si on pouvait les mettre sur un piédestal et leur dire "vous, vous vous bâterez pour ce côté et vous autres, pour cet autre côté", ils se rendraient compte entre-temps que tout est orchestré. Personne ne prête vraiment attention à ce qui se passe étant donné qu'il y a des combats dans les 2 sens à propos de cette stupide propagande politique. Ils sont trop occupés à parler du contrôle des frontières et de tous ces points politiques. Enfin non, je ne devrais pas parler de la situation des frontières, mais l'actualité est remplie d'un tas de non-sens dont les gens ne se soucient pas vraiment, ce sont juste des points politiques et c'est une sorte de camouflage afin de divertir les gens et les éloigner des vrais problèmes.

Gary : Vous savez, notre politique étrangère est complètement niquée! Notre gouvernement n'est qu'une simple marionnette pour les intérêts économiques, voilà ce que c'est à la base. Afin de changer ça il faudrait pouvoir changer les fondements de notre système, nous devons nous en débarrasser. On ne peut définitivement pas laisser nos politiciens se faire élire alors que leur principal problème sont les intérêts des grosses sociétés, et non le peuple Américain. Voilà le problème ! La seule façon de changer ça est d'aller à la base du problème qui est principalement notre système monétaire. Notre système est dirigé par les banques internationales et les réserves fédérales sont privées. Notre système tout entier est pourri, tout le système monétaire l'est aussi. Ce sont les mêmes gens qui dirigent notre système bancaire et monétaire qui dirigent aussi la politique étrangère. Si on ne peut pas se débarrasser des intérêt spéciaux, essayons tout de mêmes de ne pas trop être influencé par eux, ça pourrait commencer à faire changer les choses. Mais d'ici que cela arrive, ça n'évoluera pas tellement. Ca n'a pas beaucoup d'importance que ça soit Hillary Clinton ou Barack Obama qui soit élu, ou encore…

Tom : …Mitt Romney… (Rires)

Gary : Ca sera la même chose!
Nous avons 10 candidats potentiels, qui sont membres du CFR, le Conseil des Relations Etrangères, ça sera donc la même chose. Il n'y a donc aucune importance que vous préfériez Hillary Clinton, Mitt Romney, ou qui que ce soit d'autre. Si vous choisissez quelqu'un qui est membre du CFR, vous n'obtiendrez que des choses similaires à ce qu'elles sont actuellement.

Comment serait-il possible de changer cela selon toi?

Gary : Vous devez voter pour une personne qui n'est en rien influencée par les intérêt spéciaux, c'est à dire, quelqu'un comme Ron Paul ou si vous souhaitez un Démocrate, peut-être Dennis Kucinich. Il faut que ça soit aux gens suffisamment éduqués de chercher cela. Et actuellement, la plupart des gens votent pour celui ou celle qui a la plus belle coiffure. (Rires)

Tom : C'est drôle, j'ai entendu une analogie avec Nascar, la course de voiture. Vous savez, les sponsors sont situés tout autour de la voiture. Si "Home Depot" (Détaillant mondial de la rénovation) est sponsor, la voiture sera de couleur orange et noire, et il y aurait écrit "Home Depot" de partout sur la voiture. S'il se passait la même chose avec les politiciens, ils devraient avoir leurs sponsors sur leur veste et beaucoup d'entre eux ressembleraient exactement à la même chose. (Rires)

Gary : La plupart de nos politiciens, 95% d'entres eux, sont achetés et payés comme des chevaux. Ils ne travaillent pas pour les gens, ils travaillent pour les sociétés qui ont des intérêts, certaines à l'intérieur même du pays, mais la plupart du temps à l'étranger. Il ne faut pas être scientifique pour comprendre ça.

Tom : Nous ne chantons définitivement pas à propos de nos copines ! (Laugh)

Gary : Voilà pourquoi Pro Pain existe. Lorsque les choses sont un peu turbulentes dans notre pays, nous avons beaucoup à dire sur ce qui se passe. Lorsque les choses seront plus calmes et plus positives pour les gens, alors peut-être que Pro Pain ne sera plus aussi efficace.

Tom : C'est un état d'urgence, nous prospérerons sur un sentiment d'urgence et lorsqu'il est temps de faire bouger les choses, beaucoup prennent un siège du fond, d'autres y montre de l'intérêt et se bougent.

Gary : Et les gens devraient plutôt faire bouger ce genre de chose.

Pensez-vous que la nouvelle génération soit plus ouverte d'esprit?

Tom : Je ne suis pas certains. J'ai été très déçu lors des dernières élections aux Etats-Unis, parce qu'on avait l'impression qu'il y avait un bon mouvement de la jeunesse et ils semblaient très intéressés, mais les résultats ont été très inefficaces, ils ne semblaient se rendre compte de rien. Je ne sais pas s'ils se sont levés trop tard le jour des élections ou si notre système électoral est pourri, mais j'ai des doutes là-dessus également. Je pense qu'il est très facile de le manipuler et de le corrompre.

Gary : C'est vrai! Le système électoral électronique est corrompu. Nous ne changerons malheureusement jamais pour le bon vieux système papier, mais on en a besoin, afin que les élections soient justes. Les Etas-Unis veulent toujours que les pays en voie de développement aient un système d'élection juste et honnête, au Panama ou au Nicaragua, mais notre propre système est niqué ! Il est complètement corrompu ! (Rires)

Tom : Pour en revenir à la nouvelle génération, ils sont notre seul espoir. Je vois quelque lassitude en eux, et je vois surtout chez la génération suivante, comme celle de nos enfants, une augmentation du potentiel de chacun, je vois une augmentation de l'intelligence. Il y a donc de l'espoir mais ils doivent être éduqué en dehors de cette machine. Les parents doivent vraiment leur inculquer une nature rebelle et les convaincre de savoir ce qui est juste. Ils doivent écouter leur cœur et faire les bons choix.

Gary : Je pense qu'aussi longtemps que Internet sera gratuit plus ce changement pourra arriver rapidement. Parce qu'avec les informations… la vérité est présente ! Si vous voulez comprendre de nos jours, nous n'avons pas que la télé et les journaux, qui sont eux aussi contrôlés par certaines sources. Maintenant nous avons Internet et on peut trouver la vérité, si nous le voulons. Il y a beaucoup de gens à la recherche de la vérité et ils trouvent toutes les informations. C'est la meilleure chose que nous ayons, notre meilleure arme est Internet, un échange d'idées et de découverte de la vérité.

Tom : Il y a un effort actuellement mis en place afin de restreindre Internet pour tout le monde, et il est très simple d'en connaître les raisons. C'est juste une question de pouvoir garder le contrôle. Internet est le truc le plus dangereux pour les pouvoirs en place.

Gary : C'est vrai! C'est aussi pourquoi ils font vite avancer les choses. Ils se dissent que les gens découvrent tout, et doivent donc agir vite. Voilà pourquoi toutes ces choses arrivent de partout.

Tom : C'est assez incroyable de chercher des informations sur le net, puis par la suite, allumer sa télé pour regarder le journal. C'est ridicule, c'est une mascarade totale !

Gary : Il y a seulement 2 ans, 33% des Américains pensaient que le gouvernement Américain avait quelque chose à voir avec le 11 septembre. Maintenant c'est plus des deux tiers !

Tom : Ouais! 68% des Américains!

Gary : C'est énorme! Les gens se réveillent enfin, l'Amérique se réveille ! C'est donc très excitant, et je veux être en première ligne.

Tom : Ouais! (Rires) C'est drôle. On faisait cette analogie dans les années 60 avec le mouvement hippie et la guerre. Ils savaient comment protester. On plaisante sur notre propre compte en disant que nous sommes les nouveaux hippie, des Skinheads mais néanmoins des hippies ! (Rires)

Gary : Les nouveaux hippies! (Rires)

Tom : Ouais, c'est une nature rebelle, avoir l'habilité et la technique de se rebeller et de protester. Il existe encore des manières de protester et qui affectent.

Gary : Nos textes parlent de notre responsabilité et de notre devoir afin de faciliter que ce changement opère. En fin de compte, quand les choses changent, nous sommes très fier d'avoir quelque chose à voir avec ça.

Tom : Il y a aussi une augmentation de la fierté dans ce groupe! (Rires)

"Age Of Tyranny" est votre 10ème album, cette tournée marque vos 15 ans de tournées. Qu'est ce que ça représente pour vous ?

Tom : 15 années de montagnes Russes, des hauts et des bas. Depuis un grave accident d'autobus jusqu'au Dynamo Open Air en 1996, notre premier grand festival en face de centaines de milliers de personnes. Le mode de vie est d'une nature extrême.

Gary : Ca a été une aventure sauvage. Mais si je devais le refaire je ne changerai pas la moindre putain de chose ! Tout simplement parce que nous sommes assez fortunés d'avoir eu la chance de faire cela durant 15 ans. Je ne prends pas cela pour acquis. Parfois on a dû traverser des passes difficiles et avancer, rien n'est jamais parfait même lorsque tu fais partie d'un groupe. Et comme il vient de le dire, tout a ses hauts et ses bas. La vie c'est la même chose qu'être dans un groupe. Personne n'a la chance d'être dans un groupe comme Metallica, mais les groupes comme Pro Pain ont aussi leur place. On a fait un bon truc durant ces 15 ans et avec un peu de chance on sera encore là pour quelques unes de plus.

Tom : Beaucoup de fierté vient de ces 15 années que nous avons traversé du fait que l'on a fait tout ça selon nos propres règles. Personnes ne nous a jamais dit quoi faire ou que notre album n'était pas assez bon, ou qu'il n'aimait pas ceci ou cela… tout a été fait par nous-même, nous sommes les seuls décideurs ! (Rires)

Quel est le secret d'une telle longévité?

Gary : Je pense que ça vient du fait que nous avons toujours cru en ce groupe, on ne s'est jamais égaré. On a toujours eu foi en la musique et dans le message de ce groupe et je pense que par-dessus tout, nous l'aimons toujours et nous prenons toujours du bon temps, bien qu'en écoutant un disque de Pro Pain et en lisant les paroles, on voit que c'est sérieux. Mais nous avons aussi beaucoup de plaisir. Voilà l'un des principaux ingrédients, le facteur fun !

Tom : Ce qui fait aussi partie de ça est que depuis le début, on n'a jamais été un groupe à rentrer direct à l'hôtel après le show avec des escortes. On a probablement bu une bière avec chaque personne ayant acheté un album de Pro Pain. Je veux dire par-là qu'on traîne dans la salle avant et après le show. C'est un autre aspect de notre plaisir. On a eu l'opportunité de voyager à travers le monde entier et de rencontrer beaucoup de gens et de se faire de nouveaux amis. On s'est fait beaucoup d'amis, et c'est ce qu'on a toujours fait depuis le début. Un fan de Pro Pain est tout simplement un pote de Pro Pain.

Gary : Il y a quelques jours en Suisse, on a entendu des gens dire que c'était leur 26ème concert de Pro Pain, ou que celui du lendemain allait être leur 11ème… (Rires)

Haha c'est mon premier!

Tom : Mais par le dernier je parie! (Rires)

Gary : C'est quelque chose d'énorme d'avoir des fans comme ça, qui nous suivent dans notre carrière. C'est une vraie passion que de faire ça, et ils ont hâte que le groupe revienne une nouvelle fois pour jouer. Si ça n'est pas quelque chose de trop vieux pour eux, ça ne sera jamais quelque chose de trop vieux pour nous. Tant que cette fan base sera là pour nous, nous serons là pour eux. Aussi longtemps que la barre sera tendue ! (Rires)

Peut-être que votre longévité vient de votre style de musique, sorte de mix entre metal et hardcore, un crossover…

Gary : Pro Pain n'a jamais été un groupe à la mode. Je pense que cela à aussi à voir notre longue carrière. On n'a jamais trop prêté attention à ce que faisaient les étoiles de la scène, on fait simplement notre truc. Je pense que beaucoup de gens apprécient cela. On n'a jamais été le plus gros groupe, mais on n'a jamais été le plus petit non plus. Mais on a toujours eu assez de cette solide et fameuse fan base pour nous pousser durant 15 ans. C'est énorme !

Tom : Il y a comme une qualité isolationniste chez Pro Pain. Il est très difficile de nous mettre dans une catégorie. Avec un flingue sur la tempe je répondrais que nous sommes un groupe hardcore. C'est ce que je disais tout à l'heure, c'est l'essence même du groupe, mais il y a tellement d'influences, nous sommes un groupe de rock avec beaucoup de metal dans notre musique, mais il est très difficile de dire que Pro Pain est un groupe crossover ou de metalcore, ou de hardcore, ou peu importe. C'est très compliqué de nous catégoriser. Dans cette position toutes les catégories seront un jour ou l'autre au top et ça changera. L'un sera à la mode et un autre prendra sa place. Et nous, nous sommes toujours au milieu de tout ça, du fait qu'on ne sait pas trop où nous mettre et personne n'y prête vraiment attention.

Dans un sens je pense que vous avez dû inspirer des groupes comme Born From Pain, Hatebreed, ou Throwdown… Ils peuvent être perçu comme les fils de Pro Pain en un sens…

Gary : Peut-être que nous avons effectivement inspiré beaucoup de groupe de metalcore à cause du mix hardcore/metal, mais c'est simplement un crossover. La presse l'appelle aujourd'hui metalcore, ils ont ajouté une façade fraîche au truc. J'ai toujours été un artiste crossover, même depuis le temps de mon ancien groupe. Je jouais dans Crumbsuckers à New York. On était comme les pionniers de la scène crossover. Ouais, c'est ça ! Je suis le parrain de la scène crossover! (Rires)

On peut aussi voir un revival du thrah metal crados et rapide, avec des groupes comme SSS, Municipal Waste… Pensez-vous que vous avez pu influencer cette nouvelle scène crossover ?

Gary : On ne sait jamais! La scène crossover a toujours eu une place bizarre dans la globalité de la scène car beaucoup de gens se plaisent à penser d'eux-mêmes qu'ils sont des puristes en affirmant qu'ils sont uniquement hardcore, ou seulement metal. Pour moi ça veut surtout dire que t'es fermé d'esprit. Vous vous devez d'apprécier les choses simplement pour ce qu'elles sont. J'aime toutes les musiques, la country, le classique, le jazz, un peu de rap, la pop, du hardcore, du metal, du black, du death… Un peu de tout.

Tom : Ca fait partie de l'aventure spirituelle. Il y a possibilité de tout connaître. Vous pouvez expérimenté tout ce que le monde a à offrir et pas seulement dire, "Ca c'est pour les tarlouzes !" (Rires) C'est ridicule.

Parfois l'image est plus forte que la musique. Pour simple exemple, pour moi le hip hop fait partie des racines du hardcore, et la plupart des hardcore kids déteste le hip hop…

Tom : C'est vrai!

Gary : Absolument!

Tom : C'est incontestablement la force de la musique.

Gary : Le hardcore c'est le hip hop des blancs.
Tout est lié avec la vie dans la rue, c'est un truc urbain. C'est la même chose, les mêmes racines. L'un est majoritairement noir et l'autre majoritairement blanc. C'est pourquoi on a Biohazard et Onyx. (Rires)

Tom : La même chose peut être dite concernant…

Gary : … Pro Pain et Ice-T ! (Rires) (NDLR : Ice-T à fait un guest sur le titre "Put The Lights Out" tiré de l'album "The Truth Hurts" de Pro Pain en 1994)

Tom : Par le passé il y avait Troy Lee Parker ou encore… Harry James. Des choses différentes avec le même esprit.

Gary : Les groupes hardcore doivent définitivement respecter le hip hop. S'ils n'aiment pas la musique ils se doivent tout de même d'en respecter les fondements car c'est la même chose. Si ce n'est pas le cas, cela signifie qu'ils ne respectent pas les fondamentaux du hardcore, c'est la même chose !

Tom : Tu sais ce que ça signifie ? Ca signifie surtout qu'ils n'ont aucun groove… Ils ne tapent jamais du pied! (Rires)

Durant ces dernières années, tous les groupes ont fait un DVD. Qu'en est-il pour vous ?

Tom : DVD? Je suis encore entrain d'essayer de mettre l'heure à jour sur mon magnétoscope. Il n'arrête pas de clignoter à 12.00! (Rires) Dès que j'arriverai à modifier l'heure, je passerai à autre chose ! (Rires)

Gary : J'aimerai faire un DVD. On en a sorti un en 2001, il y avait quelques uns de nos clips et un concert. Mais il n'était pas très pro. Je veux dire par-là que c'est Nuclear Blast qui a insisté pour qu'on en fasse un. Je leur ai dit que s'ils voulaient envoyez une équipe pour filmer le show, qu'il le fasse ! Et ils ont envoyé un mec avec une seule caméra. (Rires) Voilà ce qu'il est ! Un seul angle pendant tout le concert. Je pense que ça a du coûter les yeux de la tête à Nuclear Blast et je pense qu'ils ont du amasser pas mal de pognon avec. Mais je voudrai vraiment en faire un, plus professionnel sur lequel le groupe aurait la main mise. Je veux prendre mon temps pour le faire. Ce groupe a beaucoup de facettes différentes et je voudrai y inclure des trucs plus personnels, en faire un bon résumé de ces 15 années en y incluant des trucs différents qui se sont passées sur les routes, peut-être des scènes backstage… tout en le rendant fun et intéressant, avec un bon son, et en montrant toutes les faces du groupe. Cela va prendre du temps pour le faire, je pense.

Tom : C'est quelque chose que nous voulons faire nous-mêmes comme il vient de le dire. Lorsqu'on parle d'un DVD il comporte généralement du live. Et c'est assez difficile, cela signifie qu'il faut emmener d'autres gens avec vous sur la route, avec beaucoup de matos et des gens pour s'occuper de celui-ci. C'est assez compliqué de mettre ça sur pied pour le faire correctement. Nous sommes un groupe très occupé et ça n'a jamais été une priorité. Mais je pense que lorsque nous aurons une période appropriée, nous ferons quelque chose de bien, avec peut-être un système sur notre site Internet qui permettrait aux gens de nous faire parvenir les images qu'ils ont filmé depuis la fosse et d'autres trucs qu'il serait intéressant de sortir, autre qu'un simple concert. Je veux dire par là que nos fans ont vu des centaines de nos concerts et nous souhaiterions quand même en présenter un sur DVD afin qu'ils puissent l'avoir à la maison, mais ça devra être quelque chose de spécial.

Ok, on attendra! (Rires)

Tom : (Rires) Pour toutes les bonnes choses il faut être patient !

Pour terminer, vous souhaiteriez dire quelque chose à la nouvelle génération qui découvrirait peut-être Pro Pain ce soir ?

Gary : Et bien, si c'est leur première expérience avec Pro Pain live, j'espère qu'ils apprécieront le show. Je pense que ça sera effectivement le cas, je pense que le groupe se montre très pro sur scène et hors de scène. Je pense qu'on arrive à apporter de bonnes choses à la foule. Je pense qu'ils apprécieront. Et pour les fans les plus anciens, bah ce sont les plus anciens, alors ils savent à quoi s'attendre.

Tom : Et pour tous… MERCI de nous avoir permis de faire cela depuis aussi longtemps.

(NDLR : une fin en français !)

Gary : Merci beaucoup!

Tom : Très bien!

Gary : Vive la France! (Rires)

Interview O.S.
Traduction Manu




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