Agnostic Front Interview
(26/02/05 - Lyon)
Juste avant le show, Tataye et Manu sont conviés backstage pour parler de la situation actuelle d'Agnostic Front, de leur 22 années de carrière et d'autres sujets très intéréssant... Ils rencontrent Roger Miret le chanteur.

Votre nouvel album " Another Voice " semble être lié à un précédent album," One Voice " sorti en 1992. Nous avons aussi entendu dire que tu voulais le même
line-up pour ce nouvel album ?

R : En fait, à l'origine je voulais effectivement le même line-up que sur " One Voice ". Je voulais en quelque sorte faire un album nostalgique. Ce line-up originel devait se composer de Craig Setari, Will Chepler, Matt Henderson, et de Vinnie et moi.. Dès qu'il a entendu parler du projet, Matt Henderson a voulu être impliqué tout
de suite. Il a dis qu'il voulait faire partie du projet, parce que vous savez, lui et moi étions les vrais créateurs de " One Voice ". Mais Craig Setari était occupé par d'autres projets et Willy ne pouvait pas s'impliquer parce qu'il devait s'occuper de son enfant. J'ai donc oublié cette idée de reformer le groupe original et je me suis donc dis que j'allais utiliser mon groupe actuel. Steve Gallo est un très bon batteur, Mike Gallo est un excellent bassiste, et Vinnie et moi sommes toujours là. Lenny n'était pas encore impliqué dans le groupe. On s'est donc mis à jouer et on a fait
cet album. Lenny nous a rejoins au milieu de l'enregistrement.
(Alors que nous parlions de lui, Lenny entre dans la loge)
Lenny : Salut les gars, comment allez-vous !

Parles nous un peu de votre nouvel album, il sonne bien plus métal que les précédants…

R : Oui c'est sûr. Il sonne vraiment plus métal que nos trois derniers albums. Mais vous devez comprendre que lorsque j'ai reformé Agnostic Front pour la première fois avec Jimmy Colletti (batterie) et Rob Kabula (basse), ce que nous faisions le mieux c'était des musiques comme sur " Victim in Pain " (1984) et " United Blood " (1983). C'est vraiment ce que l'on faisait de mieux tous ensemble. Une fois que ces membres là sont partis et qu'ils furent remplacés on a plus joué dans le style
de " Cause for Alarm " (1986), " Liberty and Justice " (1987) et " One Voice " (1992). C'était ce genre de musique que je voulais jouer à l'époque et c'était ce
que les gens voulaient entendre. Mais avec Jimmy Colletti et Rob Kabula nous ne pouvions pas faire ce style de musique. Donc naturellement, nous l'avons fait dans l'esprit de ce que nous faisons le mieux. Si Jimmy Colletti et Rob Kabula faisaient encore partie du groupe à l'heure actuelle, cet album n'aurait jamais sonné ainsi.
Le son de cet album vient des membres actuels d'Agnostic Front. De plus, nous voulions revisiter cette période de la vie du groupe. Tout comme nous l'avions fait avec " Something's Gotta Give " (1998) et " Riot ! Riot ! Upstart " (1999) où nous voulions nous rapprocher de l'Agnostic Front des années 1984 et 1985, ce nouvel album s'inspire de la période de 1986 et au-delà.

Est-ce pour cette raison que vous avez choisi Jamey Jasta d'Hatebreed comme producteur, pour avoir ce style de son ?

R : Non. Bien sûr Jamey est responsable du son. Mais nous n'avons pas particulièrement eu à faire un choix pour trouver qui serait capable de nous fournir ce son. Quand nous sommes rentré en studio, nous n'avions aucuns titres d'écris. Nous avons construit cet album en studio, et bien sur Jamey était présent. Mais nous n'avons pas eu à entrer en délibération en nous demandant comment nous allions composer ou comment allait sonner l'album. Nous avons juste écris l'album naturellement en studio. Il n'y avait pas de plan, c'est ce qui c'est passé.

Comment était-ce de travailler avec Jasta ?

R : C'était fantastique, Jamey est en quelque sorte le 6ème membre d'Agnostic Front. Il était très enthousiaste vous savez à l'idée de produire cet album. Il était avec un de ses groupes favoris c'est un peu comme jouer aux échecs avec votre groupe favori. Il a fait un excellent boulot en tant que producteur. Il nous a aider
à nous concentrer sur notre tâche, il nous a guider pour que l'on joue ce que nous avions à jouer. Il avait un rôle de coach en quelque sorte. Et il faisait cela avec un de ses groupes préférés, c'est un peu un rêve de gosse qui se réalisait pour lui. C'est pour cela que c'était génial de bosser avec lui.

Pour ce nouvel album, vous avez signé chez Nuclear Blast. C'est un choix particulier parce que Nuclear Blast n'est pas vraiment un label hardcore mais
plutôt métal.

R : Nous avons de choisis de signer avec eux parce qu'ils semblaient être les plus sincères, et les plus honnêtes. Ils semblaient être les personnes qui convenaient.
Ils ont aimé l'album, ils l'ont adoré même et ils voulaient faire beaucoup de choses pour le groupe alors pourquoi pas ? Quel est le problème ? Ce n'est pas le premiers label métal sur lequel est signé Agnostic Front. Peut importe le genre de label sur lequel vous signez, l'important est que ce label croit au groupe et qu'il lui apporte tout son soutient. Vous savez, Epitaph n'est pas juste un gros label de punk, il possède beaucoup de groupes de hardcore dans son catalogue. Ils avaient Madball pour l'album " Hold it Down ", ils ont toujours Converge et Death By Stereo, qui sont tous des groupes de hardcore, alors quel est le problème ?

A propos de la pochette de cet album, que représente-t-elle ?

R : je ne sais pas trop de quelle armée font partie ces soldats, ni de quelle année sort cette image. Mais je voulais que la pochette de l'album comporte des soldats, car je voulais que cette pochette symbolise la voie de la révolution, la voie de notre combat. Je trouve qu'elle représente bien l'esprit de l'album, des soldats du hardcore qui se battent pour une voie, la voie des opprimés.

Vous avez tourné une vidéo pour la chanson " So Pure to Me ". Freddy Cricien
de Madball chante sur ce titre. Mais sur la version album, il n'apparaît pas, qu'en
est-il ?

R : Ce qui c'est passé, c'est que Freddy était en tournée avec Hazen Street pendant la période de l'enregistrement de " Another Voice ". Je voulais vraiment qu'il puisse figurer sur l'album mais c'était impossible car il était en tournée au Japon. Je lui est donc gardé une place. C'était trop tard pour lui pour figurer sur l'album mais pas sur la vidéo car nous ne l'avons faite que plus tard. Aux US, l'album comporte les deux vidéos en bonus, " Peace " et " So Pure to Me ", alors qu'en Europe, il n'y a que " Peace " parce que l'album est sorti plus tôt ici.

Nous avons entendu dire que vous avez filmé 2 concerts en fin 2004 pour un DVD. Qu'en est-il ?

R : Oui, c'était au CBGB. Le DVD devrait sortir assez rapidement. L'image est génial, le son est incroyable. Le groupe n'a jamais aussi bien sonné. On joue beaucoup des classiques d'Agnostic Front. La set-list est vraiment géniale. Ce DVD s'annonce génial. C'est juste que pour l'instant, on est un peu dans la période d'attente. Mais j'espère qu'il sortira rapidement. Espérons d'ici cet été, parce que nous allons revenir en Europe pour le Resistance Tour et ce serai bien que les gens puisse avoir acheté le DVD d'ici là. Cela permettrait au gens de se familiariser avec les morceaux.

Jouez-vous des morceaux du nouvel album sur ce DVD ?

R : Oui, on joue trois titres du nouvel album. Mais la chose la plus amusante, c'est qu'a l'époque de ce concert, personne ne connaissait ces titres car l'album n'était pas encore disponible. On a joué " So Pure to Me ", " Peace " et " All Is Not Forgotten ". On en a joué que trois parce que bien évidemment personne ne les connaissaient. Sur ce DVD il y a donc trois nouveaux morceaux mais aussi tous
les classiques du groupe.

Cela fait 22 ans qu'Agnostic Front existe maintenant. Quel regard portes tu sur toute ta carrière ?

R : Eh bien au bout de 20 années, j'aime à penser que ma carrière est un succès.
Je veux dire, je n'ai pas une grande baraque, ou quelque chose comme ça. Je ne parle pas de succès en terme d'argent. Mais de succès dans le sens où j'ai réussi
à accomplir les buts que je m'étais fixés, et dans le sens où j'ai pu vivre un style
de vie qui m'était cher. J'ai pu m'exprimer, exprimer mes oppressions. Des gens croient en moi, croient en Agnostic Front, ils viennent nous voir en concert et nous soutiennent. C'est ça mon succès. Nous sommes les créateurs et les parrains d'une grande scène hardcore : New York Hardcore.

La scène hardcore new-yorkaise ne ressemble à aucune autre scène hardcore.
Qu'y a-t-il de si spécial à propos de cette ville ?

R : Ce qui est particulier à cette scène musicale, c'est que New York en elle-même est une ville particulière. Quand vous pensez à New York, vous pensez à des films comme Taxi Driver, vous pensez à des personnes comme Frank Sinatra, et comme il le dit si bien " Vous devez aller à New York pour réussir ". Si vous réussissez à New York, vous réussirez n'importe où. C'est vraiment une ville incroyable vous savez. Elle est multiraciale, multiculturelle. C'est vraiment un condensé du monde entier dans une grosse pomme. Vous savez, vivre à New York, vivre dans le ghetto, c'est cela qui fait que la scène hardcore new-yorkaise est si fantastique, si pleine
de rage, d'envie. C'est cela qui la rend si réelle !

Pour moi, il semble qu'il y a eu différente vagues de hardcore. Une première avec vous, une autre seconde avec des groupes comme Merauder ou Madball et une plus récente avec d'autres groupes comme Hatebreed et Terror. Que penses-tu
de ces évolutions ?

R : C'est juste l'évolution. C'est exactement ça. Mais la vérité c'est qu'Agnostic Front est toujours là. Cela va bientôt faire 30 ans que nous sommes là. Ce serai génial que des groupes comme Madball, Sick Of It All, ou plus récemment Hatebreed ou Terror, puissent continuer leur chemin aussi longtemps. Oui nous sommes les créateurs et les leaders de cette scène, mais nous sommes toujours là aujourd'hui. Et des groupes comme le notre encouragent ces groupes à se former. Nous leur disons, regardez ce que nous avons réussi, à vous d'en faire autant, voir plus.

Est-il plus facile aujourd'hui de faire du hardcore ?

R : C'est toujours plus difficile chaque fois qu'un nouvel album est sur le point de voir le jour. Parce qu'a chaque fois, c'est un challenge. Beaucoup de personnes qui viennent au concert sont là parce qu'elles aiment votre musique et qu'elles veulent vous voir sur scène. Mais une bonne partie est souvent sceptique, c'est au groupe de les convaincre. Nous devons leur montrer que c'est réel, que nous faisons du vrai hardcore. Et je trouve ça un peu ridicule. Parce que nous sommes là pour eux. Nous ne sommes pas contre eux. Alors pourquoi vouloir nous défier ? C'est donc difficile chaque fois qu'un nouvel album sort. Nous écrivons nos chansons pour les gens oppressés, pour tout le monde. Donc quand nous écrivons, nous pensons à nous mais aussi à vous. Et c'est souvent décourageant pour moi de voir que nous avons travaillé si dur, que nous avons sortis nos tripes pour faire un album, et que des gens nous attaquent pour ce que nous faisons. Mais bon, ce n'est pas grave. Nous sommes comme un tsunami, nous sommes la grosse vague qui emmerde les petites. (éclats de rire).

Vinnie Stigma fait irruption et nous offre sympathiquement quelques bières.

Le hardcore n'est pas seulement un courant musical mais aussi et surtout un état d'esprit. En Europe et plus particulièrement en France, des mouvements racistes comme les skinheads s'approprient cette musique. En es-tu conscient et qu'en penses tu ?

R : Vous savez, qui a-t-il de mal avec les skins ? Il n'y a absolument rien de mal avec les skins. Ils ont le crâne rasé, et alors ? Mais oui, il y en a parmi eux qui sont racistes, ce n'est pas un mensonge. Mais il y a aussi des racistes parmi les métalleux, parmi les punks. Il y a du racisme de partout. Vous ne pouvez pas rejeter toute la responsabilité sur une seule personne. Ce que j'essaye de dire, c'est que tous les skinheads ne sont pas forcément racistes. Beaucoup de skinheads aiment simplement le style de vie ouvrier et ils sont influencés par différentes idées. Et il y en a d'autres qui sont influencées par des idéologies totalement opposées. C'est ainsi. Ce n'est pas juste de les mettre tous dans le même panier. Mais vous savez la politique est fortement présente dans le mouvement hardcore tout comme dans le mouvement punk. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup d'ignorance. Mais heureusement vous pouvez en quelque sorte changer les gens, les amener à réfléchir autrement. C'est ce que nous nous efforçons de faire. Je pense sincèrement que chacun peu changer. Je l'ai vu de mes propres yeux. J'ai vu des skinheads venir me voir en me disant que quelques années auparavant ils appartenaient aux mouvances nazi, mais qu'a force de venir nous voir, et d'écouter nos paroles, ils en sont sortis.

Bien souvent en France, lorsque que des skinheads sont présents aux concerts, les gens ont vite fait de penser que le groupe qui joue est raciste ou ce genre de chose. Tu vois ce qu'on veut dire ?

R : Non, pas vraiment. Je pense que c'est juger un livre par sa seule couverture. C'est dire, bon d'accord c'est un skin, donc il est raciste. On ne peut pas faire ça.
Et si c'est ce que les gens pensent, c'est mal. C'est ce que l'on appel juger un livre par sa seule couverture. Les gens disent qu'il est raciste parce que c'est un skin, mais ils ne savent rien de cette personne. Il peut être la personne la plus gentille
au monde. C'est en tout cas le fils de quelqu'un. Il a un père et une mère. Il se peut qu'il ait des enfants, mais il a choisi de vivre un style de vie ouvrier. Cela ne veux pas pour autant dire qu'il a tors. Cela veux simplement dire que c'est son choix.

L'actualité mondiale est très chargée en se moment. Est-ce cela qui vous donne la force et l'envie de continuer à faire du hardcore ?

R : C'est vrai que mes paroles s'inspirent beaucoup de trucs sociaux et politiques, de ce qui passe dans la vie de tous les jours. Mais j'essaye vraiment de ne pas m'occuper de la politique mondiale. Je laisse cela aux politiciens. Je suis un musicien pas un politicien. La politique mondiale c'est pas mon truc, bien sûr je suis au courant de ce qui se passe, je regarde les infos, mais ce que je veux avant tout, c'est chanter à propos de notre style de vie, de ce que l'on fait tous ensemble, de se que représente pour nous cette scène. L'important c'est le hardcore. Ce que je suis.

Après 20 années au service du hardcore, qu'est-ce qui te pousses à continuer ?

R : C'est mon style de vie. Je l'aime et j'y crois. Le hardcore ce n'est pas un spectacle, ce n'est pas un bouquin ou une vidéo, c'est un style de vie, mon style de vie. J'y ai consacré plus de la moitié de ma vie. J'adore aller voir des concerts, rencontrer des gens, faire des interviews. C'est la vie que j'ai choisie. Tant que les gens voudront voir Agnostic Front et tant qu'ils croiront en nous, nous serons là pour eux. C'est aussi simple que ça.

Nous avons rencontré ton frère Freddy à plusieurs reprises, et il semble que tu es eu une grande influence dans sa vie, au niveau de la musique, des tatouages… Qu'en penses tu ?

R : Je suis son grand frère, c'est normal ! (rires). J'ai probablement ruiné sa vie !!! (éclats de rires). Non, c'est fantastique, mon petit frère avait 7 ans quand il a chanté sa première chanson avec Agnostic Front. C'était " That's my Life ", et il la joue toujours aujourd'hui avec son groupe. On l'encourage à continuer ce qu'il fait. Avec Vinnie et Will Chepler, on a créé un groupe, Madball, juste pour lui. Maintenant ce groupe est devenu célèbre. Bien sur, ils ont eu du mal au début, ils devaient s'affirmer comme un vrai groupe et non comme un simple projet parallèle d'Agnostic Front. Mais ils ont réussis. Ils sont devenus Madball, et c'est extra !
Un très bon groupe de hardcore made in New York. Et ils ont un respect total pour Agnostic Front. Ces deux groupes sont frères, vous voyez ce que je veux dire. Agnostic Front / Madball, " brother bands " !

Vinnie: Frères de sang !

R : On partage le même style de vie lui et moi. On partage tout, c'est mon frère.
On partage même la même équipe en tournée.

Pourquoi pas alors une tournée commune Agnostic Front / Madball ?

R : Nous faisons souvent affiche commune aux US. C'est un peu plus compliqué ici. Parce qu'à chaque fois que nous venons en Europe, ça coûte très cher. Il faut payer l'avion, toutes sortes de locations.. Chez nous c'est plus facile, on a tous nos véhicules, il suffit de se réunir et de jouer. Mais un jour, ce serait vraiment un rêve de faire une tournée mondiale ensemble. Ce serait vraiment extra !

Serez-vous à l'affiche du Fury Fest cet été en France ?

R : Non, pas cette année. On y a déjà participé. Je serai de retour cet été en Europe pour jouer dans quelques festivals, mais avec mon autre groupe, The Disasters. Avec Agnostic Front nous serons à l'affiche du prochain Resistance Tour, donc pas de festivals cet été, nous attendons cette tournée.

En parlant de The Disasters, vous venez de sortir un album " 1984 ". N'est ce pas difficile d'avoir deux nouveaux albums qui sortent pratiquement au même moment pour deux groupes différents ? Comment gères tu cela ?

R : Je crois en ces deux groupes, je les aime tous les deux. Ils sont vraiment différents musicalement, mais pour ce qui est des paroles, ils partagent les mêmes idées. The Disasters c'est ma vie, c'est un peu un collage de tous les groupes qui m'ont influencés, comme The Clash… Des groupes que j'aime, des groupes qui m'ont permis de devenir qui je suis aujourd'hui. Ces groupes là m'ont incités à rejoindre Agnostic Front. Cet album " 1984 " parle de ma vie au sein d'Agnostic Front, de mes amis, de ces choses là. C'est beaucoup plus personnel qu'avec Agnositc Front. Cet album parle de la période de ma vie qui a précédé mon arrivée dans Agnostic Front jusqu'à mes débuts dans ce groupe.
Mais non, cela n'a rien de difficile, au contraire. Deux groupes différents, un étant plus grand que l'autre, mais l'on ne peut pas dire qu'un est mieux que l'autre. Je les aimes autant l'un que l'autre. C'est comme avoir deux enfants, lequel aimer le plus ? Aucun, les deux ont la même importance.

Vous êtes le premiers américains que nous rencontrons depuis la mort tragique de Dimebag Darrel. Comment cela se passe aux US, ressens tu des différences lors des concerts là bas, pour ce qui est de la sécurité ou de l'ambiance ?

R : Je ne suis pas américain, je suis cubain ! (rires) Oui, il y a des changements. Les gens se sentent concernés, les groupes aussi se sentent concernés. Beaucoup de clubs refusent maintenant de programmer des groupes de hardcore ou des groupes de heavy. Maintenant, vous trouvez des détecteurs de métaux à l'entrée des salles de concerts. Je m'étonne d'ailleurs qu'ils ne l'aient pas fait depuis de nombreuses années. Mais il y a toujours un risque vous savez. C'est pour ça que
je ne quitterai jamais Agnostic Front, personne ne pourra ainsi me tuer en disant " c'est ta faute " ! Mais c'est une tragédie ce qui est arrivé à Dimebag. C'est vraiment ça. Il ne méritait pas ça. Personne ne mérite ça. Mais il y a des malades partout dans le monde !

Questionnaire Bernard Pivot :

Quel est ton mot favori ? Mama Luke.
Quel mot détestes tu ?
je ne sais pas mec, probablement parce que je n'en utilise jamais.
Qu'est ce qui te rend créatif, spirituel et qui t'émeus ? La vie en générale.
Qu'est ce qui te met hors de toi ? La mort.
Quelle est ton injure préférée ? Fuck ! Je l'utilise souvent.
Quel bruit ou son aimes tu ?
J'aime le bruit de l'océan, ça me calme. Mais je suis un cancer donc…
Quel bruit ou son détestes tu ? A New York City, le bruit des ordures, des poubelles, surtout quand tu dors.
Quelle profession autre que la tienne aurais tu aimé faire ? En dehors de la musique, je suis mécanicien, je bosse sur des hotroads, j'adore la mécanique.
Quelle profession n'aurais-tu pas voulu faire ? Travailler dans un bureau.
Si Dieu existe, que voudrais tu qu'il te dise en arrivant aux portes du paradis ?
je veux aller en enfer mec ! Putain l'enfer c'est plus amusant !

Nous souhaitons remercier Gilles de la MJC Oullins, Sylvain de Médiatone, Daniel, Tour-Manager d'Agnsotic Front, et bien évidement les membres
du groupe pour leur extrême gentillesse.


Interview Manu & Tataye
Traduction Tataye



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