Trivium
(
The Crusade
)

Le phénomène Trivium poursuit son bonhomme de chemin. Enfin il le poursuit surtout ailleurs que chez nous, car on ne peut pas dire que la bande de Matt Heafy bénéficie dans notre beau pays d’une renommée élogieuse, faisant plus rire que susciter l’admiration. Et je serai d’accord avec ça mais seulement qu’à moitié. D’accord, parce que voir 4 gugusses de 20 piges fringués comme Kirk Hammett lorsqu’il jouait encore dans Exodus, avec le moule burnes, les Nike à grosses languettes, la veste à patchs et tout l’atiraille ultra cliché, moi ça me fait grave marrer.
Par contre là où les gens devraient outrepasser les jugements esthétiques concerne l’aspect musical de la troupe. Car a à peine 20 ans, les membres du groupe ne sont par contre pas les clônes de notre cher lyonnais de Guignol quand il s’agit d’écrire de la musique. Le simple fait que Matt Heafy ait été convié à la tête d’une des 4 team du projet « Roadrunner United » en est bien la preuve. Rien que le titre d’habillage du DVD de ce même projet signé Trivium est une véritable balle, je parle plus exactement du titre « Pull Harder On The Strings Of Your Martyr » et de son riff destructeur, originellement présent sur « Ascendancy », le 2ème opus du combo paru l’année dernière.
Trivium remet donc le couvert avec « The Crusade » soit une toute petite année entre ces 2 albums. Et le moins que l’on puisse dire à l’écoute de « The Crusade » est que Trivium s’affirme. S’affirme dans le sens où le groupe se détache de toute cette scène metalcore à laquelle il est assimilé depuis le début. Mais est-ce vraiment une bonne chose ? Le groupe se détache certes de cette étiquette à la mode mais se rattache du coup à autre chose. Et cette autre chose est tout simplement le style auquel son esthétisme fait référence. La musique de Trivium n’a rien d’actuelle mise à part l’excellente prod signée Richardson. Rien d’actuelle car Trivium digère ici les influences indéniables qu’ont eu sur lui les Maiden, Megadeth et Metallica en tête. « The Crusade » aurait pu être l’album charnière entre un « Master... » et un « Justice » le tout chapoté par la patte mélodique de la vierge de fer. Alors voilà, que penser face à un tel disque ? Et bien je vous conseil de l’écouter et de vous faire votre propre idée (tiens c’est original comme phrase ça !) car même si tout ce que je viens d’énumérer au cours de cette chronique peut ne paraître que très peu alléchant et bien on ne peut pas enlever à Trivium de savoir composer des morceaux à la fois efficaces et techniques avec des refrains accrocheurs à reprendre en cœur. Mais je crains que cela ne soit pas suffisant pour nous franchouillard et j’ai bien peur que si le groupe daigne repasser par chez nous, il se retrouvera une nouvelle fois à jouer en face de 80 paumés comme c’était le cas l’année dernière à Lyon et à Paris.
Et pourtant, c’était vraiment pas si mal...


Kronik Manu


Trivium :


Label :
www.roadrunnerrecords.fr


Site : http://www.trivium.org






Copyright Hammerock - Spiritribe 1999